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Le phénomène tshioshelu à Mbujimayi : infraction ou lutte contre la criminalité ?

Par Henri Thomas Lupantshia Kangomba • Bibliothèque : Bibliothèque PubliqueDroit • Mémoire • 2025-06-27 • 153 vue(s)

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Le présent travail de fin de cycle s’inscrit dans une perspective d’analyse juridique et socio-criminologique du phénomène dit « Tshioshelu », une pratique de justice populaire observée à Mbujimayi, dans la province du Kasaï Oriental (RDC). Face à une criminalité grandissante et à l’inefficacité perçue des institutions judiciaires et policières, des citoyens se constituent en groupes d’autodéfense pour traquer, capturer, interroger, et parfois sanctionner physiquement des présumés délinquants. Cette dynamique soulève une problématique centrale : le phénomène « Tshioshelu »constitue-t-il une infraction au regard du droit congolais ou une forme légitime de lutte populaire contre la criminalité ?

L’étude adopte une approche pluridisciplinaire combinant l’analyse juridique, sociologique et criminologique. Elle s’appuie sur les textes légaux nationaux, les instruments internationaux relatifs aux droits humains, ainsi que sur des enquêtes de terrain (entretiens, observations, cas pratiques).

Les résultats de l’analyse révèlent une tension fondamentale entre la légalité de moyens employés par les acteurs du « Tshioshelu » et la finalité revendiquée de sécurité communautaire. Sur le plan juridique, les actes commis dans le cadre de ce phénomène s’apparentent à des infractions  : arrestations arbitraires, traitements inhumains, voies de fait, voire homicides. Le phénomène viole les garanties procédurales du droit à un procès équitable et le monopole de l’État en matière de justice.

Cependant, sur le plan sociologique, Tshioshelu apparaît comme une réaction populaire à l’effondrement de l’autorité de l’État, à la corruption judiciaire, et à l’impunité des criminels. Il traduit une forme de résistance citoyenne, bien que non conforme au cadre normatif de l’État de droit.

En conclusion, le phénomène Tshioshelu, bien que motivé par un souci de sécurité collective, ne peut être légitimé juridiquement. Il constitue une forme de justice parallèle, porteuse de graves dérives. Le travail recommande une réhabilitation des institutions judiciaires et sécuritaires, une éducation civique accrue, ainsi qu’un encadrement légal des comités locaux de sécurité, afin de canaliser les dynamiques locales dans le respect de la légalité et des droits fondamentaux.

 


Autres Détails

Travail présenté en vue de l'obtention du titre de gradué en Droit à l'université officielle de Mbujimayi, département de Droit privé et judiciaire.
Directeur : Prof Charles Kazadi Bengankuna
Encadreur : CT Louison Muluta Masanda


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